Arsenic et vieilles querelles – BIC 06/2011

Mais enfin, pourquoi avait-on donc décidé en août 1994 (!) , de creuser ce puits au sommet du village à Patignies ?  Le Conseil Communal avait eu à statuer sur le constat de l’INASEP (Namur) de trouver une source d’eau potable alternative pour compenser le manque de débit des Spèches.

Captage des Spèches: drains de surface sur versant boisé à droite de la route vers Beauraing,    200 m après le carrefour de Gribelle: 48 m3/j.  Conduite de plus de 2 km jusqu’au réservoir village, débit 2à 3 m3/heure par gravité ( 5m de dénivellé).  Susceptible donc de se boucher…

En 1996, le Collège donne l’ordre de commencer les travaux de forage du puits au sommet de la rue des tilleuls pour un budget 1,1 Million BEF.

Puits de Pairy: captage à 150 m de profondeur, creusé en 1997, reforé en 98  par la firme Moors / Aye ( contesté par Bemco/Gedinne-gare, évincé) décevant par son débit de 3 m3/heure (estimé 5 m3) avant de révéler en 2004 des doses de 10 x la norme en ‘Arsenic’ !  Rem.: ‘As’ non analysé auparavant.  On confirme que cet Arsenic provient des couches de roches sédimentaires et pas de « percolation » à partir de déchets de surface.

En 2004 ces résultats ne donnent lieu à aucune réaction particulière.  Ce puits continue à servir d’appoint et même surpasse en volume l’adduction d’eau potable des Spèches, tandis que le service des eaux constate une augmentation progressive des débits nécessaires à la distribution du village: besoins accrus le week-end, fréquentations de seconds résidents, (?) etc…

Intoxication chronique à l’Arsenic: même si l’on a employé cet élément à but thérapeutique (p.ex.liqueur de Fowler pour le traitement du psoriasis e.a.), l’exposition prolongée est incriminée dans des maladies de la peau (dépigmentation, plaques rugueuses, pieds noirs hyperkératosiques), cancers de la vessie et du poumon

 En 2009, donc, comme le mentionne ici le Mayeur dans son éditorial, il devient impératif de fermer cette source d’arsenic, quelques contrôles sont dans les normes mais ce printemps voit resurgir le problème: on décide de fermer définitivement le Pairy le 24 avril.

Les pompiers sont requis pour remplir le réservoir, car le débit des Spèches est insuffisant à lui tout seul et le bourgmestre constate pourtant que le rendement de la distribution n’est que de 39% : 32.000m3 de produits pour 12.500 de vendus! On gaspille donc presque 20.000 m3 par an!!

 En admettant que l’on ne peut guère en voler (quoique…), c’est qu’il y a des pertes: en route pour la traque aux fuites!  C’est ce lundi 10 mai qu’avec l’appoint bénévole et sympathique des fontainiers de la SWDE, on identifie la cause de bien des soucis.

Pour nos hommes, ce n’est pas évident par ce temps glacial, avec pour seule aide technique des détecteurs acoustiques, des compteurs de fuite « maison » de fabrication gedinnoise – parfois plus efficaces que des appareils sophistiqués- et surtout de la logique, réflexion, jugeote en tenant compte des failles de vannes qui comptent souvent le demi-siècle, des « coups de boutoir » sur des clapets anti-retour, et des plans parfaitement incomplets.  On a même été jusqu’à creuser devant des chalets inoccupés pour voir d’où venaient les canalisations…

 EPILOGUE

 Surtout des questions: depuis quand déplore-t-on ces fuites? 

Si le Collège a décidé de creuser un puits en 1996, peut-on en imaginer leur âge?

Quoiqu’il en soit, depuis le 10 mai dernier, les pompiers n’alimentent plus le village, personne ne constate à ce jour des problèmes de pression à Patignies et apparemment, les « Spèches » et leur débit de 50 à 60 m3 suffisent en temps normal pour la consommation moyenne de 200l/jour de chacun des 140 compteurs du village. Cqfd!

 CONCLUSION: comme mentionné également en éditorial mayoral, le soutien des autorités, le suivi logistique et administratif doit apporter aux hommes de terrain, par ailleurs très expérimentés, le complément actuellement indispensable pour « traquer » non seulement les fuites, mais aussi d’autres anomalies dans le domaine de la qualité microbiologique et chimique de l’eau de boisson, de la protection des captages.  Nous devons répertorier les installations dont la maintenance s’imposent parfois à des intervalles très longs, éliminer les résidus de plomb dans des vieux raccordements, sans négliger le suivi quotidien des demandes de raccordements nouveaux, de remplacement de compteurs défectueux, de conseiller les usagers en cas de consommation excessive, etc…

Il faut encore surveiller les autres captages dont le rendement est inférieur à 85% et donc… traquer les fuites!

L’infrastructure également est constamment à rectifier comme nous l’avons défini en juin dernier avec les services de l’INASEP dont les ingénieurs ont suggéré des aménagements destinés à traiter l’eau de manière optimale: nous y reviendront.  Juste signaler aux habitants de Sart-Custinne le remplacement prochain des conduites à travers tout le village!

 AUTONOMIE: LE PRIX DU MEILLEUR PRIX !

D’aucun prétendront que tout cela nous coûte bien de l’argent et des soucis – et parfois le feu de l’actualité en mi-teinte dans les medias…

                        C’est oublier le prix de l’eau !

En résumé, car nous l’avons déjà détaillé-vous trouverez les détails sur « gedinne.be »- le prix de l’eau dépendra encore longtemps de deux paramètres: le coût de l’assainissement qui est fixé (CVA) mais surtout celui de la Distribution: ce CVD est calculé sur nos dépenses réelles en personnel, matériel, amortissements, administration, etc…  puisque nous sommes en tant que Commune une des 42 administrations ou régies communales en région wallonne (7%) – à côté des 8 intercommunales (28%) et surtout de la SWDE (65% du volume) à assurer la distribution d’eau potable. 

Or, pour tous ceux qui ne consomment pas plus de 30 m3/an, le prix est directement lié à ce coût communal (0,5CVD, soit 0,66 €/m3.

A partir du 31°m3, le CVD intervient prix du m3=(CVD+CVA+fds social) soit 2,66€/m3

 Si GEDINNE n’était pas autonome, vous paieriez minimum 0,70 € en plus au m3 dans la première des intercommunales de la région. 

Vous comprenez ainsi que votre administration et vos mandataires peuvent contenir cette inflation en veillant à une utilisation adéquate des moyens sans grandes dépenses de prestige ni gaspillage, et cela avec des ouvriers qui à la base ont toujours privilégié sur le terrain les solutions de bon sens sans exiger des moyens techniques sophistiqués, par ailleurs souvent inefficaces dans nos villages.

Etienne Marchal 1er Echevin