La dernière messe de Philippe Huberty

Le dimanche 9 octobre, l’Abbé Philippe Huberty a donné à Rienne sa dernière messe sur le territoire de notre commune.  L’occasion pour ses 8 paroisses d’organiser une messe bien agréable, messe un tantinet festive suivie d’un apéritif tout autant festif offert par la commune dans les locaux de la salle des fêtes de Rienne.

 » Mesdames et Messieurs,

Ce dimanche matin, nous sommes réunis ici pour dire un merci plein de sympathie et de chaleur à notre ami Philippe et ce à l’occasion de son départ après un peu plus de vingt années passées auprès de nous.

Vingt années de prêtrise, Mesdames et Messieurs, ce sont bien évidemment vingt années égrenées au rythme des différentes fêtes religieuses de l’année liturgique, fêtes qu’il faut à chaque fois préparer, renouveler, dynamiser et bien sûr célébrer ensuite en un joyeux point d’orgue en l’honneur de celui pour lequel le prêtre a décidé de consacrer sa vie.

Ce sont également vingt années de célébration des différents sacrements de l’église, avec à chaque fois, j’imagine, son lot intense d’émotions …En vingt années, par exemple, combien de baptêmes célébrés par Philippe dans la joie dans les différentes églises de notre commune.  Des centaines sans doute, peut-être même des milliers sur l’ensemble de ses huit paroisses.  Et dire que les premiers baptisés de Philippe ont aujourd’hui vingt ans !!  Et peut-être certains d’entre eux sont-ils déjà venus présenter leurs propres enfants devant le même autel et devant le même prêtre.  Eh oui, ainsi va la vie !  Un peu trop vite sans doute…

Mais vingt années de prêtrise, dans le cas de notre ami Philippe, ce sont encore plus, vingt années passées au service de chacun d’entre nous, à être une fois ici, une fois là-bas, tantôt et c’est bien normal, au pied de l’autel, habillé de son aube blanche, à nous parler tout simplement, très simplement de la vie, d’une vie parfois pas toujours facile, et tantôt habillé en « civil », calculette à la main, entouré de Pierre, notre échevin du culte et des membres de ses fabriques d’églises tout occupé à en rédiger les comptes et budgets .

Ces vingt années de présence de Philippe dans notre commune, ce sont aussi, vous le savez, vingt années à répondre présent pour prêter des tentes, des tables, des tasses et autres assiettes pour chacune de nos festivités, vingt années à animer les fêtes de nos villages une fois habillé en rose à points noirs le saxo à la bouche et une autre fois en sombrero, baguette à la main à la direction de l’une ou l’autre des chorales locales.

Eh oui, Mesdames et Messieurs, notre ami Philippe, c’est tout cela et encore plus.  Philippe, c’est aussi l’accompagnateur des voyages à Lourdes, c’est l’animateur des camps de Patro, c’est le fils qui s’en va chaque dimanche  retrouver ses chers parents à Neufchâteau, c’est l’homme qui ne répond jamais à son gsm mais c’est aussi l’homme qui va apporter un peu de réconfort et de nourriture à celui ou à celle qui se retrouve un soir plongé dans la solitude du logement d’urgence ici à côté de cette salle des fêtes.


 Mesdames et Messieurs, le départ d’un prêtre revient sans aucun doute à tourner une page très singulière de l’histoire d’une Commune et cela vu l’implication importante de tout prêtre au sein de la vie de sa paroisse et par là, au sein de la vie communale.  En effet, à l’image du docteur, du pharmacien ou du bourgmestre, le prêtre reste et restera encore très longtemps, j’imagine, une des figures emblématiques d’un village.

Eh oui, Mesdames et Messieurs, le départ de Philippe, c’est une page vraiment très particulière et très sympathique de nos villages qui se tourne…

Mais derrière cette page, de nouvelles pages se dessinent déjà…

Des pages que l’on espère tous, aussi singulières et riches d’émotions que celles écrites pendant vingt ans par l’ami Philippe. 

Philippe s’en va vers d’autres paroisses un peu plus au sud de notre pays. 

Mais d’autres prêtres nous arrivent plein d’enthousiasme, prêts à relever le défi de, non pas remplacer Philippe, mais de remplir le rôle de prêtre dans les paroisses de notre commune, chacun à leur manière, chacun avec leur émotion, leur personnalité et leur enthousiasme.

Et c’est donc également à eux que s’adresse cette petite fête.

Une fête d’au-revoir d’une part et une fête d’accueil plein d’espoir d’autre-part.

Mesdames et Messieurs, Philippe, Chrétien et Anastase, que cette fête vous soit douce et agréable.

Merci de m’avoir écouté.

Vincent Massinon. Bourgmestre. »