Le CPAS fête Anne Philippe et Annie Cornile à l’occasion de leur mise à la pension

Discours de Sylvianne Simon – Présidente du CPAS –  à Anne et Annie du service « Repas à domicile » à l’occasion de leur mise à la retraite
« Cela devient maintenant une habitude les discours de mise à la pension.
Eh oui, aujourd’hui, nous fêtons la mise à la retraite de nos 2 globbe-trotters des repas.  Tous les jours depuis juin 1989, par tous les temps, 6 jours sur sept, elles sillonnaient notre commune avec la camionnette du CPAS pour ravitailler nos personnes âgées, seules, malades…

Elles ont connu, si je ne m’abuse, 4 présidents : Messieurs Philippe Suray, Luc Bayonnet en intermède, Félicien Grandjean et enfin pour finir une femme.
Dans le même ordre d’idée, elles ont eu à faire avec 4 ou 5 secrétaires : Alain Binet, Maryse Deman faisant fonction et pensionnée en tant qu’AS il y a  un peu plus d’un an, Nadine Vanlishout , Christelle Englebert partie pour d’autres cieux il y a un an et demi et l’actuelle faisant fonction Mélanie Willemme.
J’en viens maintenant à nos deux jubilaires à proprement parler.  Je dois commencer par l’une des deux.
Et bien allons-y pour Anne ! Anne, notre petit « spirou » qui lors de son engagement croyait pouvoir gagner + ou – 16.000 francs par jour.  Vous imaginez : on était en 1989.
Elle a toujours eu la tête un peu dans les nuages notre Anne.  D’ailleurs, pas besoin de lui faire signe lorsqu’elle était au volant.  Elle  ne voyait rien ni personne.  Elle fonçait. (Il faut dire aussi qu’elle est myope comme une taupe mais je pense qu’elle trouvait disgrâcieux de porter des lunettes).
Anne, sans porte de derrière comme elle dit,, avec une langue bien pendue.  Bièvre n’avait qu’à bien se tenir car elles savaient se défendre.  Les clients râleurs aussi d’ailleurs car en restant polie (quand même hein Anne), elle leur répondait qu’elle ne savait pas être partout à la fois.
Anne, la « bruxelloise, arrivée dans nos Ardennes car adolescente, déjà « speedy-gonzalez » elle était venue en vacances à l’YWCA.
Anne, c’est celle qui n’aimait pas faire les vaisselles et pourtant elle en a fait !! C’est fini Anne, c’est promis ! A partir de maintenant, plus de vaisselle, plus jamais TU NE FERAS DE VAISSELLE !!
J’en viens maintenant à Annie.  Que dire d’Annie ? Qu’elle avait d’abord été engagée entant qu’aide ménagère en remplacement en 1988. 
Annie, « notre soupe au lait ».  Pas besoin de taque chauffante avec Annie pour faire monter la sauce.  Si un pépin se glissait dans l’engrenage, tout le monde au CPAS était courant dès son retour. Annie le disait fort et clairement.  Il fallait laisser passer l’orage et tout de suite, l’arc-en-ciel réapparaissait.  Je ne dis pas de bêtise, hein Annie. Mais bon, elle est du même signe astrologique que moi ! Née 3 jours avant moi, vous ne le saviez pas ? Maintenant, vous savez.
Annie n’aimait pas du tout rouler sur la neige et le verglas et nous pouvons avoir une petite pensée pour Pol, son mari qui l’a souvent accompagnée en hiver.
Mais Annie se faisait remarquer par son perfectionnisme, sa méticulosité, son sens du travail bien fait car combien de fois n’est-elle pas passée au CPAS le week-end alors qu’elle ne travaillait pas.  Elle s’inquiétait toujours de savoir si celle qui avait pris le relais, avait bien reçu toutes les informations.  Annie, c’est une « spèpieuse » comme on dit en wallon.  Annie, c’est une courageuse ! tout le monde sait qu’elle n’a pas été épargnée par le sort.  Mais Dimitri peut toujours compter sur elle de même que Sabrina car Annie est une Mamy dévouée pour ses petits enfants qu’elle emmenait quelquefois au CPAS si les vaisselles n’étaient pas terminées. Tu vois Anne, elle faisait des vaisselles aussi).
Toutes deux ont connu la vie rude des débuts avec une petite Fiat, vaisselle dans le hangar communal de la Morie avec comme chauffage un canon à chaleur.  Vous vous rendez compte du luxe.  Parfois, il fallait embarquer la vaisselle à la Tannerie car l’eau était gelée.  Quel a été leur bonheur quand elles ont eu une cuisine dans les locaux actuels du CPAS, d’abord en lieu et place de l’accueil, puis au fond du garage actuellement.
Anne et Annie, c’est aussi un vieux couple et elles ont voulu leur pension en même temps.
Anne et Annie, c’étaient, je pense, un peu mes amies, mes copines car dans la même tranche d’âge que moi. 
Pour en terminer, je vous souhaite à toutes les deux, une retraite bien méritée heureuse et remplies de petits plaisirs quotidiens.  Anne va explorer les alentours en se promenant et Annie va se promener sur Google.
A toutes deux, un tout grand merci pour tout le bonheur que vous avez pu apporter à nos bénéficiaires du Service Repas.  Bonnes grandes vacances à toutes deux. »