Relais sacré 2011 – Discours du bourgmestre.

« Mesdames et Messieurs,
Aujourd’hui est  jour de paix, de recueillement et de souvenir…

Aujourd’hui est aussi et surtout,  jour de mémoire… Une mémoire à raviver sans cesse, à l’image de ce flambeau sacré que nous ravivons ensemble chaque année en mémoire et en l’honneur de ceux dont les noms sont écrits sur les monuments aux morts de nos villages … 


Une mémoire à raviver pour que nos enfants, et que les enfants de nos enfants n’aient jamais à entendre le bruit des bottes et des canons.
Ce bruit des bottes et des canons qui peu à peu s’efface de notre mémoire collective mais qui, s’enfonçant ainsi peu à peu dans l’oubli, en redevient, paradoxe ultime, d’autant plus menaçant…
Oui,  Mesdames et Messieurs, près de 100 ans après la première guerre mondiale et pas loin de 70 ans après la seconde, et malgré les millions de victimes de ces deux conflits majeurs, inexorablement et fatalement ai-je tendance à dire, la mémoire fait place à l’oubli…

 
En effet, dès après la fin de la seconde guerre mondiale, de nombreuses organisations ont pris la relève de la Société des Nations afin d’essayer de nous assurer une paix durable.  Ces organisations telles que l’ONU, Amnesty International, et de manière géographiquement plus réduite, l’Union Européenne sont  arrivées à ce que dans nos contrées, deux, voire trois générations n’aient plus eu à connaître les affres de la guerre. 
Et peu à peu donc, ces affres de la guerre glissent dans l’oubli…
Or, Mesdames et Messieurs, rien n’est pire que l’oubli… Cet oubli qui endort l’esprit critique, qui soumet les volontés et qui  asservit les consciences.
Cet oubli sur lequel, si nous n’y prenons garde, essayeront de s’appuyer tôt ou tard des discours haineux de populistes de tous bords, des discours faciles, qui feront de l’autre, quel qu’il soit, le responsable de tous les maux de la terre.
Nous nous devons d’être vigilants et surtout d’apprendre à nos enfants à l’être également. 

Dans « La guerre de Troie n’aura pas lieu », Jean Giraudoux écrit fort justement: « Il suffit de chanter un chant de paix avec gesticulations et grimaces pour qu’il devienne un chant de guerre. »…
Eh oui, Mesdames & Messieurs, la distance est mince entre la paix et la guerre…
Et certains contextes économiques la rendent encore plus tenue… 
D’aucuns demandent alors que l’on s’insurge, que l’on s’indigne…
Pour ma part, je ne sais pas si c’est là, « La » solution, si simplement « s’indigner » est « La » solution.  Je pense que cette démarche, proche de la révolte, porte trop en elle les germes dangereux de la violence…  et risque donc par là de nous éloigner de la paix.
A mon sens, « La » solution reste et restera toujours dans la culture et l’enseignement, c’est-à-dire dans la connaissance.  Cette connaissance qui agit en nous comme une sentinelle, qui agira auprès de nos enfants et auprès des enfants de nos enfants comme une sentinelle de l’esprit. 

 
C’est pourquoi, cette année encore, nous avons tenu à impliquer de manière étroite, les enfants de nos écoles dans cette cérémonie du souvenir, tant ici qu’à chacun des arrêts du Relais Sacré.  Qu’ils en soient tous remerciés.  Mais surtout, que quelque chose de cette journée reste à jamais gravé au plus profond de chacun d’eux, telle une sentinelle de la paix…


Merci de m’avoir écouté. »