SDER: position du Conseil Communal de Gedinne

Position négative de la Commune sur la proposition de révision du SDER  (texte proposé au vote par le Bourgmestre et accepté à l’unanimité au cours de la séance du Conseil Communal du jeudi 30 janvier 2014 )

De manière générale ce document est basé sur une analyse théorique de la ruralité, analyse inappropriée à la réalité de notre commune.  Par exemple:

Non, notre commune n’est pas confrontée à un réel problème d’éparpillement de l’habitat; la typologie de notre commune « forêt – champs -pâture – VILLAGE – pâture – champs – forêt – etc  » ne le permet d’ailleurs pas. 

Non, notre commune ne présente pas un excès de voiries comme c’est peut-être le cas dans d’autres régions de Wallonie. 

Non, le covoiturage pour partir au travail n’est pas une solution significative aux problèmes de mobilité d’une zone rurale comme la nôtre. 

Etc.

La ruralité décrite dans le SDER sous la forme qui nous est présentée, nous semble plus correspondre à la ruralité de zones dortoirs proches de villes telles que Namur et Bruxelles.  Et par là, les pistes de solutions proposées dans le document sont également inappropriées.

 De manière plus particulière, nous souhaitons:

– que Gedinne soit reprise comme Point d’appui touristique au même titre que le sont Daverdisse et Vresse-sur-Semois;

– que Gedinne soit reprise de manière précise dans une des zones rurales transfrontalières;

– qu’avant l’adoption du SDER, chaque village de notre commune soit clairement classifié selon les notions définies dans le SDER: bassin de vie, noyaux d’habitat, territoire central ou territoire rural, etc… et non après son adoption.  On nous demande en fait « d’acheter un chat dans un sac »; 

– que le paragraphe page 56 traitant des « forêts d’Ardenne » ainsi que le plan page 57 soient corrigés: Gedinne ne faisant pas partie du massif forestier « La vallée de la Semois », mais bien du massif forestier « La forêt de la Semois et de la Houille » (cf. www.lesforetsdardenne.be );

– que de vraies solutions soient proposées pour résoudre réellement le problème de l’habitat permanent.  En page 17, il est écrit: « Le phénomène de l’habitat à titre permanent doit être maîtrisé et géré.  Les conditions de vie doivent y être améliorés dans les limites d’intervention des pouvoirs publics, tout en évitant que ce phénomène ne s’amplifie ».  Or pour rappel, la notion «habitat permanent» vise l’habitat permanent dans des zones qui n’y sont pas destinées, à savoir principalement des zones de loisirs ou des zones non-constructibles, des zones qui ne sont pas prévues pour une occupation permanente.  Le SDER n’apporte aucune solution d’avenir aux citoyens habitant dans de telles zones interdites à l’habitat;

– qu’au niveau des transports publics dans des zones rurales comme la nôtre, de vraies solutions de mobilité financées de manière réellement significative par les pouvoirs publics régionaux, soient décrites dans le SDER;

– que le SDER souligne la nécessité d’aider les dernières écoles de village existant dans des régions rurales comme la nôtre; le SDER dans sa forme actuelle signant à terme la mort des petites écoles de village (cf. page 51 « Le développement des villages centraux et des bourgs où seront rassemblés les services de proximité: écoles, commerces, administrations…doit se faire au bénéfice des territoires ruraux grâce à une rationalisation des chaînes de déplacement »).

– que le SDER, tout en veillant à la préservation de la nature, doit permettre une gestion de la forêt produisant les revenus nécessaires à l’avenir économique de communes forestières comme la nôtre; une gestion adaptée aux besoins actuels tant quantitatifs que qualitatifs de la filière bois (qui rappelons-le, est un des piliers économiques majeurs du sud de la Région Wallonne);

 Notre « Non » est donc un « Non constructif » dans l’attente de la prise en considération de notre réalité rurale et forestière et de la modification du SDER en conséquence.