Voeux du mayeur 2011

Mesdames et Messieurs,

Antonine Maillet est une romancière et dramaturge canadienne d’origine acadienne.

Elle est née en 1929 et est principalement connue, d’après Wikipédia, grâce au succès de sa pièce « La sagouine ».

De plus, elle a écrit la petite phrase suivante dans un de ses romans ;  je cite : « La neige possède ce secret de rendre au cœur en un souffle la joie naïve que les années lui ont impitoyablement arrachée… ».

Eh bien, Mesdames et Messieurs, pour ma part, je puis vous affirmer que ce n’est pas toujours le cas, que ce n’est pas le cas pour tout le monde !!

La neige ne rend pas toujours au cœur la joie naïve en question…

J’en veux pour preuve les mails et coups de téléphone que j’aurais reçus ces dernières semaines.

Avec, en apothéose, un mail que je m’en voudrais de ne pas vous lire.

 

Bonjour Mr le Bourgmestre,

Je dois venir en vacances cette semaine dans la commune de Gedinne et je viens d’apprendre que les routes ne sont pas dégagées???

Comment ça se fait??? Du temps de votre prédécesseur  une telle chose ne serait pas arrivée!

Dans l’urgence j’ai fait rajouter des pneus neiges sur ma voiture de location.

Allez-vous me rembourser le supplément que cela va me coûter?

Si je casse la voiture de location à cause du fait que les routes ne sont pas dégagées, je porte plainte.

Je transmet de suite une copie de ce mail à mon avocat afin qu’il soit au courant de la situation avant mon départ en vacances.

Cordialement 

 

Mesdames et Messieurs,  je vous arrête tout de suite.  N’allez pas penser que ce mail est l’oeuvre d’un de nos voisins du nord.

Non, non, il m’a été envoyé par un monsieur qui semble-t-il, remontait de France , du sud donc…pas du nord.

Vous savez, la France. La France avec Paris comme capitale.

Paris et ces immenses bouchons il y a quelques semaines quand il y est tombé quelques centimètres de neige.

La France.  C’est-à-dire aussi, plus près de chez nous : Givet, Hargnies, Linchamps dont certains de vous ont pu constater le niveau du déneigement.

 

Dans la réponse que j’ai faite à ce monsieur, j’ai fait remarquer que nos voiries étaient dégagées – je l’admets, pas toutes, nous en avons dû en fermer quelques-unes – que nos voiries étaient dégagées donc mais que surtout ce mail était, à mon sens, une réelle insulte à notre personnel communal, qui ces dernières semaines auront pour certains, travaillé quasi nuit et jour afin d’essayer de « mâter les éléments ».

 

En toute honnêteté, je pense que ma réponse n’a pas fait plaisir à ce monsieur.

Et en toute honnêteté, en répondant de la sorte, je ne cherchais pas vraiment à lui faire plaisir.

Mais, lassé de plusieurs semaines de rouspétances, il me plaisait de l’écrire, comme de vous le dire.

En effet, je ne peux que mettre mon chapeau bas devant le boulot abattu depuis le début de cet hiver par nos ouvriers communaux mais aussi par les quelques privés qui sont venus leur prêter main forte.

Bien sûr, le boulot n’a pas toujours été parfait.

Mais, n’oublions pas qu’une grande partie de ce boulot s’est faite la nuit, alors que beaucoup d’entre nous regardaient la télévision ou dormaient ou …

Eh oui, « la nuit », car la neige, outre de « posséder ce secret de rendre au cœur en un souffle la joie naïve que les années lui ont impitoyablement arrachée… », eh bien, la neige, elle s’amuse à tomber, la coquine, principalement à la tombée du jour, ce qui conduit notre brigadier à devoir organiser le déneigement en fin de journée ou aux premières heures.

Avec chaque jour, je peux en témoigner, la peur au ventre tant pour lui que pour moi, qu’un accident arrive et cela, surtout à la veille d’un week-end.

 

Cela aussi, il faut que chacun le sache, il faut que chacun sache cette immense responsabilité qu’est la nôtre lors de la gestion de ce genre d’événements, responsabilité tant au regard de notre personnel qu’au regard des usagers de nos routes…

 

Pour en revenir à ce fameux mail, il ne faut pas cependant, Mesdames et Messieurs, qu’il soit l’arbre qui cache la forêt.

En effet, et il me plaît également de le souligner ce soir, au fil des jours, et plus encore maintenant que chacun a pu analyser la situation avec un peu de recul, de nombreuses personnes me font part de leur admiration face au dévouement de notre personnel communal pendant ces quelques jours vraiment hors du commun.

Pour beaucoup, ce fût un bel exemple, une belle démonstration de ce qu’est et que devrait être toujours, le service public…

En leur nom et à leur demande, je vous félicite et vous remercie, vous qui avez participé à cette campagne de déneigement que nous ne sommes pas prêt d’oublier…

 

Ceci étant dit, avant que d’appeler au devant de cette scène, nos retraités « millésime 2010 » afin de leur remettre sous vos applaudissements mérités, la fameuse assiette collector en vrai étain de Beauraing, je m’en voudrais de ne pas dire quelques mots de l’année écoulée, ainsi que de celle qui vient à peine de commencer…

 

Rassurez-vous, je ne vais pas reparler une xème fois de nos nombreux dossiers communaux qui ont, pour la plupart  fait l’objet d’articles dans la presse régionale ainsi que dans notre BIC.

 

Non, ce que je retiendrai de 2010, en tous cas au niveau communal, c’est que les choses qui ont coincé au cours de l’année dans la gestion au quotidien de notre commune, tous ces petits problèmes (et quelque fois moins petits), tous ces petits problèmes qui ont émaillé le quotidien de certains d’entre nous, voire même leur ont quelques fois pourri la vie, eh bien, tous ces problèmes, ils me confortent dans mon opinion que nous devons absolument tous ensemble, continuer, voire amplifier le travail de réforme que nous avons entamé depuis quelques années.  

Réformer, terme à la mode.  Réformer, oui… car, nous n’avons pas le choix…Tout nous y oblige… En effet, conséquences des « affaires » qui sont apparues au grand jour il y a quelques années, une rigueur de plus en plus grande est imposée à tous les niveaux de la gestion communale. 

 

Nous devons donc d’une part mettre en place des procédures, mais d’autre part bien sûr, faire en sorte que ces procédures soient appliquées par chacun et cela afin de créer une traçabilité, le terme est aussi à la mode, une traçabilité de tous les actes posés à tous les niveaux de notre travail communal.

 

Bien sûr, certaines procédures existent déjà.  Vous savez, c’est ce « planning des ouvriers » dont je parle depuis 3, 4 ans.  C’est aussi ce logiciel de « Gestion des petits travaux » qui doit permettre que tel ou tel petit boulot demandé par telle ou telle personne ne passe pas à la trappe.  Ou encore « Le rapport quotidien de l’abattoir« . Ces procédures, nous nous devons de les améliorer si nécessaire, et en tous cas de les utiliser comme autant d’outils de gestion.

 

D’autres sont en cours de mise en place, tel le monitoring de notre réseau de distribution d’eau via l’utilisation de puces gsm.  Ces procédures en pleine période de gestation, celles-là, nous devons les finaliser sans plus attendre.

 

D’autres sont encore à créer, à imaginer.  Toutes les propositions sont d’ailleurs les bienvenues.

 

Et tout cela pour le bien de tout le monde, pour le bien tant de vous, acteurs de la vie communale, en ce que ces procédures veillent ou veilleront à baliser vos tâches, que pour le bien des citoyens qui sont en droit d’attendre que leurs demandes ou leurs dossiers soient suivis avec toute la justesse et la vitesse qui leur est due.

 

Mais attention, des procédures pour conduire également chaque citoyen à remplir ses devoirs, devoirs divers et variés, devoirs urbanistiques, devoirs civiques, etc.

 

En effet, qui dit, et plus encore, revendique « droits », doit accepter la notion de « devoirs »…

 

C’est l’essence même de la vie en communauté…et cela, je pense, que de plus en plus de gens ont tendance à l’oublier…

 

Mais cela est une autre histoire, un autre débat…

 

Pour ce qui est de l’année qui vient de commencer, sera-t-elle le dernier acte de cette aventure politico-linguistique belge qui a commencé il y a tout juste 50 ans avec les grandes grèves de fin 1960, ces grèves contre le projet de la Loi unique, première ébauche d’un fédéralisme conférant aux régions la responsabilité des politiques économiques ?

Ou sera-t-elle, cocorico, l’année d’un record mondial pour la Belgique : le record de la plus longue période sans gouvernement pour un pays : 254 jours si on en est toujours au même point le 17 février prochain?

Honnêtement, je ne sais plus quoi penser et je ne sais vraiment pas où se trouve la solution à cet épineux problème communautaire qui ressemble de plus en plus à une procession d’Echternach : un pas en avant, deux pas en arrière…

Epineux problème à l’image d’ailleurs de celui de la zone, ou des zones de secours dans notre Province…

 

Mais « qui vivra verra »!!!  En tous cas, ce qui est sûr, c’est que pour ma part, je ne vais pas aller camper virtuellement devant le Palais Royal ni donner des interviews à la Eerdekens, c’est-à-dire à la limite de l’impolitesse…ni même me laisser pousser la barbe…

 

Et ce qui est sûr également, c’est que pendant que nos conciliateurs et négociateurs se déméneront pour essayer de nous sortir de ce guêpier institutionnnel, notre Commune, en 2011, elle, elle continuera à faire son petit bonhomme de chemin…

 

Un petit bonhomme de chemin qui sera comme chaque année, plus ou moins heureux selon que nos ventes de bois seront bonnes ou moins bonnes.

Là aussi, « qui vivra verra »…car bien malin est celui qui peut aujourd’hui pronostiquer le cours de nos ventes de bois, le marché du bois étant en effet de plus en plus globalisé.

Globalisé, autre terme à la mode, mais tellement vrai quand on sait que le prix de vente de nos sapins gedinnois est influencé par les droits de douane russes à l’exportation, droits de douane imposés il y a quelques années par Poutine, et que nos chênes eux, partent actuellement vers l’Inde alors qu’il y a deux ans, ils partaient vers la Chine…

 

Et voilà donc comment la marche du monde influence la vie d’une petite commune ardennaise…

 

Evidemment, le financement de notre Commune, ce n’est pas que le bois.

 

Il y a également les subsides…

 

 Et de ce côté, Gedinne, aura reçu ses étrennes régionales…

 

En effet, ces dernières semaines, bonne nouvelle, nous avons reçu de M. le Ministre Furlan la promesse d’un peu plus de 250.000 € de subsides pour la création d’un Centre d’interprétation dans l’ancien atelier bois de la Maison Languiller ainsi que celle de Mme la Ministre Fadila Lalaan pour environ 60.000 € de subsides pour l’installation d’un ascenseur dans cette salle de la Tannerie.  Ces subsides viennnent s’ajouter à ceux reçus de M. le Ministre Antoine au cours de l’année qui se vient de se terminer.

 

Je ne vous dis pas le nombre impressionnant de mails et de coups de téléphone que j’aurais dû donner pour faire avancer ces dossiers, pour les faire passer de bureau en bureau, plaidant à chaque fois la cause de notre Commune.

 

Eh oui, Mesdames et Messieurs, et plus particulièrement vous Messieurs les Conseillers qui me posez quelques fois des questions en ce sens, oui, vraiment, je fais plus que mon possible pour suivre les dossiers communaux.

 

Mais, ce n’est pas toujours facile et pas toujours avec le succès escompté.

 

Ainsi le dossier d’extension du Zoning de la Gare, confié au Bep, il y a maintenant presque deux ans, et qui n’en est toujours qu’au stade des demandes d’avis tous azimuts par l’Administration régionale.

 

Ce n’est là, même pas une procession d’Echternach… et je ne me suis pas vraiment privé de le faire remarquer dernièrement lors d’une certaine réunion à Namur… Depuis, semblerait-il, les choses commencent enfin à bouger dans ce dossier…

 

Par contre, le succès peut parfois être hors du commun.

 

Pour preuve, le long et fastidieux dossier du site de l’ancienne scierie Culot.

Oui, ce dossier de reconnaissance du site Culot en tant que SRPE, c’est-à-dire en tant que Site de Réhabilitation  Paysagère et Environnentale, eh bien, ce dossier est le tout premier en Wallonie, je dis bien, le tout premier en Wallonie à avoir reçu il y a 3 jours, la signature finale du Ministre Henry.  Et cette signature, c’est le sésame pour plus de 900.000 € de travaux subsidiés à 100 % par la Région, des travaux de bardage et de remplacement des toitures de tous bâtiments existants, de placement de clôtures autour du site, de pose de revêtements hydrocarbonés et de création d’un petit parc reliant la rue de Charleville et la rue des Fossés.

 

Voilà, c’est sur ces explications concernant quelques-uns des nombreux dossiers communaux qui seront d’actualité cette année, que je vais clôturer mon petit discours de ce soir, discours j’en conviens quelque fois à la limite d’une diatribe.

 

C’est pourquoi, à l’aube de cette nouvelle année, je voudrais faire la paix avec moi-même et avec le monsieur dont je parlais au début de mon petit mot de ce soir et que j’ai peut-être (sûrement) heurté en répondant assez sèchement à son mail.  Pardon Monsieur, veuillez excuser ma réponse un peu verte ; sans doute n’étiez-vous pas au courant de la masse de travail accompli par le personnel communal gedinnois au cours de ces dernières semaines…

J’en profite cher Monsieur, pour vous présenter au nom de notre Commune, mes meilleurs vœux pour cette année 2011, mais aussi pour vous les présenter à vous, Mesdames et Messieurs, vous qui m’avez fait l’honneur d’être présents (ou excusés) ici ce soir…

Que l’année vous soit douce et agréable.

 Merci de m’avoir écouté. »